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Les non-matchs à l’extérieur gâchent-ils l'intérêt du Top 14 ?

Dimanche soir, les jeunes de Toulon n’ont pas existé sur la pelouse de La Rochelle et se sont inclinés 66 à 0, pendant que Bayonne a encaissé 62 points à Montpellier, révélant les impasses à l’extérieur depuis le début de saison.


Beaucoup d’équipes laissent filer des matchs à l’extérieur / Baptiste Gomis
Beaucoup d’équipes laissent filer des matchs à l’extérieur / Baptiste Gomis

Deux équipes séparées d’une seule unité en tête du classement de Top 14, six points d’écart entre le troisième et le onzième après 14 journées… Le championnat de France de rugby est plus serré que jamais, et pourtant, le rabat-joie des spectateurs s’accentue semaine après semaine à la vue des déroutes lors de rencontres à sens unique en faveur des équipes évoluant à domicile. 


Après la défaite de Toulon à La Rochelle 66 à 0 ce dimanche soir, les critiques ont fusé sur le choix de faire jouer les jeunes pour reposer les titulaires et donc laisser filer le match avant même qu’il ne commence. En conférence de presse d’après-match, l’entraîneur du RCT Pierre Mignoni a répondu de manière franche. “On nous réduit sur le salary cap et sur les jokers. Quand on a 19 absents à l’infirmerie, tu ne peux pas faire jouer Pierre, Paul ou Jacques. Tu fais jouer tes ressources du club, et ce sont les jeunes. On est pas une équipe qui a l’habitude de lâcher des matchs à l’extérieur. Donc oui on va me le reprocher, et je l’assume. Quand il me manque 19 joueurs, à part me mettre moi sur la feuille de match, je ne peux rien faire.” 


L’ancien international français a également profité de la situation pour donner sa chance aux joueurs de la future génération dans un match du dimanche soir, considéré comme l’affiche reine d’une journée de Top 14. “Les jeunes, pour certains, c’était leur premier match, et c’est une bonne chose qu’ils aient du temps de jeu.”


Un calendrier jugé “infernal”


“Le Top 14 est fait de telle sorte qu’il est très long et très dur, c’est un calendrier infernal, et on le sait tous”, poursuit Pierre Mignoni. Et de fait, lors de cette saison 2025-2026, les équipes de Top 14 ont enchaîné un match toutes les semaines depuis le retour de la trêve internationale, le week-end du 23 novembre, sans interruption à Noël, avec les 12e, 13e et 14e journées les 21, 28 décembre et 4 janvier. Et pour un sport avec autant de gros contacts, la santé des joueurs devient une préoccupation majeure et faire tourner les compositions afin de donner le temps de repos requis à tout le monde devient une nécessité pour réduire au maximum les blessures, inévitables au rugby. 


Dans le cas de Toulon ce week-end, ce match à un La Rochelle au complet, une semaine avant le retour de la coupe d’Europe et une réception capitale du Munster le dimanche 11 janvier semblait être la bonne occasion pour faire tourner l’équipe et préparer les joueurs titulaires à la Champions Cup, de la même manière que l’a fait Toulouse à Perpignan, ou encore Lyon et Castres un peu plus tôt dans la saison. “On est pas des robots. Je parle pour Toulon, mais aussi pour toutes les équipes, à un moment donné, on nous demande de jouer 11 mois par saison. Donc si ça ne plait pas, que l’on nous donne du salary cap et des moyens pour avoir trois équipes à aligner”, conclut l’entraîneur toulonnais.


La formule du Top 14 pas adaptée ?


Avec le début du Tournoi des Six Nations le 5 février et jusqu’au 14 mars, de nombreux joueurs internationaux vont manquer à leur équipe respective lors de trois journées de Top 14. Si les clubs affirment qu’ils connaissent le calendrier et qu’il faut faire avec, le rabat-joie des spectateurs est lui de plus en plus marqué, bien que le suspens sportif reste le plus total, la mi-saison passée. Pour Florent : “il faut réduire le nombre de matchs dans sa globalité et on verra moins de joueurs blessés et moins de joueurs qui tournent, mais c’est impossible puisque l’argent est roi.” Gilbert, lui, s’interroge d’incohérences : “on réduit le salary cap, on réduit les jokers, mais on ne réduit pas le calendrier ? Avec cette formule, c’est évident que les équipes à l’extérieur vont faire des impasses.” Tandis que pour Elia : “il faut simplement réformer le championnat et passer à un Top 12.” Un avis contre-balancé par Thibaut qui estime qu’”il faut revoir la Coupe d’Europe et les tournées inutiles pour faire plaisir à la Fédération française de rugby et aux pays d'hémisphère sud.”


Quoi qu'il en soit, le championnat reste pour le moment comme il est, et malgré plusieurs non-matchs, la lutte pour le top 6 à la fin de la saison régulière s’annonce palpitante.


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