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La loutre, nouvelle résidente du Lac du Salagou

La présence de la loutre d’Europe (Lutra lutra), marque un événement écologique majeur. Longtemps disparue, cette espèce protégée signe aujourd’hui son retour, suscitant à la fois enthousiasme, interrogations et débats.


Loutre européenne / @Pixabay - KnipsKaline
Loutre européenne / @Pixabay - KnipsKaline

Comme le rapporte Midi Libre, l’identification de l’animal s’est appuyée sur un critère scientifique reconnu : l’empreinte, appelée épreinte, c’est-à-dire les crottes de l’animal. « Si l’épreinte sent l’odeur très caractéristique du poisson sucré, il s’agit bien d’une loutre, c’est un critère infaillible », analyse Jason Crabassa, responsable de l’Atlas de la biodiversité en Cœur Hérault, cité dans par Midi Libre.

L’observation a notamment été rendu possible grâce à Philippe Carrière, plongeur et animateur d’Animagou, fin connaisseur du lac, qui a repéré les déjections du mammifère début décembre. « Espèce nouvelle sur le lac, un prédateur aquatique formidable… Je suis très content de vous porter cette bonne nouvelle, c’est si rare et si beau… même pour des crottes ! », confie-t-il sur Midi Libre.


Une recolonisation logique des cours d’eau héraultais


Si la présence de la loutre au lac du Salagou a pu surprendre, elle s’inscrit en réalité dans un mouvement plus large de recolonisation des milieux aquatiques de l’Hérault. Longtemps disparue, la loutre d’Europe regagne progressivement du terrain, profiant de l’amélioration de la qualité des eaux et de la continuité écologique entre les rivières. Comme le rappelle Gilles Hanula, naturaliste de l’association Kermit, cité par Midi Libre : « La loutre a bien recolonisé le fleuve Hérault et la lergue. Il y en a aussi sur la Vis, sur la Buègues. Qu’elle remonte sur le Salagou depuis la Lergue est assez logique. »


Aujourd’hui sa présence est attestée sur plusieurs axes majeurs du département, notamment le fleuve Hérault, véritable colonne vertébrale hydraulique du territoire, ainsi que sur la Lergue, l’un de ses affluents directs. La loutre a également été observée sur le Lez, y compris à proximité des zones urbaines, preuve de sa capacité d’adaptation, mais aussi sur des cours d’eau plus sauvages comme la Vis et la Buègues.

Cette progression illustre la manière dont l’espèce recolonise les bassins versants, remontant les rivières et leurs affluents avant d’atteindre des plans d’eau comme le lac au sable rouge. Dans ce contexte, son apparition sur le lac apparaît moins comme une anomalie que comme une étape supplémentaire d’un retour naturel.


Un lac « cosmopolite », reflet de la biodiversité mondiale


Le Salagou illustre parfaitement ces enjeux écologiques contemporains. Midi Libre décrit un lac aux influences multiples, où cohabitent espèces locales et exotiques : « Le Salagou est un lac cosmopolite », résume Gilles Hanula. On y trouve notamment, des écrevisses et gambusies d’Amérique, des carpes d’Asie, des perches soleil du Texas, des tortues de Floride, des silures d’Europe centrale… Dans ce contexte, le retour d’un prédateur autochtone comme la loutre apparaît comme un signal positif pour la régulation naturelle de ces milieux.

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