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Liberté de la presse : la France se mobilise pour Christophe Gleizes, journaliste emprisonnée en Algérie

Détenu depuis plus de six mois en Algérie, le journaliste sportif français Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison pour des accusations jugées infondées par ses soutiens. Ce jeudi 29 janvier, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes françaises, dont Montpellier, où journalistes, élus et citoyens ont dénoncé une situation jugée « intolérable ».


Mobilisation pour Christophe Gleizes devant le club de la presse de Montpellier / Marine Boullenger
Mobilisation pour Christophe Gleizes devant le club de la presse de Montpellier / Marine Boullenger

Christophe Gleizes n’est pas un militant, encore moins un criminel. Journaliste sportif français, il s’est rendu en Algérie en 2024 pour enquêter sur la Jeunesse sportive de Kabylie, un club de football local. Un travail journalistique classique, qui va pourtant le conduire en prison. Arrêté par les autorités algériennes en mai 2024, il lui est reproché d’avoir échangé, entre 2015 et 2017, avec des responsables liés au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée terroriste par Alger depuis 2021. Accusé d’ « apologie du terrorisme » et de « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national », il est condamné une première fois à sept ans de prison ferme le 29 juin 2025. Une peine confirmée en appel le 3 décembre dernier par la cour de Tizi Ouzou. Pour Reporters sans frontières (RSF) et de nombreuses organisations de défense de la liberté de la presse, les charges retenues contre le journaliste sont fallacieuses et relèvent d’un dossier à forte dimension politique. Depuis sa condamnation, pétitions et mobilisations se multiplient en France pour exiger sa libération.


Journalistes et élus mobilisés à Montpellier


Ce jeudi 29 janvier, à l’appel du Club de la presse Occitanie et de RSF, plusieurs rassemblements citoyens se sont tenus en Occitanie, notamment à Toulouse, Perpignan et Montpellier. A midi, devant les locaux du Club de la presse, place du Nombre d’Or dans le quartier Antigone à Montpellier, une quarantaine de personnes se sont réunies pour afficher leur soutien à Christophe Gleizes. Une bannière à son effigie a été dévoilée sur la façade du bâtiment, sous les regards de journalistes, d’étudiants et d’élus. Parmi eux, Patrice Canayer, élu régional et ancien entraîneur emblématique du Montpellier Handball, est venu représenter la présidente de Région Carole Delga. Une présence à la fois politique et personnelle. « J’ai fait toute ma carrière dans le monde du sport, j’ai travaillé avec énormément de journalistes sportifs. Forcément, ça me touche de manière plus forte », explique-t-il. Egalement père d’une journaliste ayant travaillé à l’étranger, il confie mesurer « l’angoisse des parents et de la famille de Christophe Gleizes ». S’il se garde de juger le fond du dossier, Patrice Canayer se montre catégorique sur la situation actuelle : « Aujourd’hui, cette situation est intolérable. La perception que l’on en a, c’est qu’on ne peut pas être détenu pour une fausse raison, derrière laquelle on sait bien qu’il y a un enjeu politique ». Il appelle à une mobilisation large : responsables politiques, société civile, mais aussi monde sportif, qu’il juge trop silencieux. « Quand on connaît le levier médiatique du sport, je le trouve extrêmement muet et insensible. Réveillez-vous », lance-t-il. Un message partagé par les organisateurs du rassemblement, qui rappellent l’enjeu fondamental de cette mobilisation : défendre une information libre et indépendante.

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