Rainbow Screen Festival : l’importance de la cinématographie Queer
- Lilly San Juan Paoli
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture
Entre 1895 et 1934, les premiers films homosexuels voient le jour. Plus de 50 ans après, la ville de Montpellier a accueilli, du 14 au 22 mars, le festival le Rainbow Screen, offrant une occasion de réfléchir sur l’impact significatif de la cinématographie queer.

Après une première édition en mars 2023, le Rainbow Screen Festival a fait son grand retour à Montpellier. Projections, conférences, mais aussi drag-shows, le but de cet événement est “d’encourager la diversité dans la culture Queer et de donner une voix aux personnes sous-représentés”. Selon l’étude Cinégalités du collectif 50/50, 95% des personnages représentés à l’écran sont hétérosexuels. Chiffre très parlant datant de 2019, il rappelle la perduration de l’absence de représentation Queer dans le monde cinématographique. “Les jeunes LGBT+ ont besoin de pouvoir s'identifier à des pairs, des personnes dans lesquelles elles se reconnaissent, y compris dans leur sociabilité quotidienne" nous confie Edouard Jouannault Taylor, Directeur de la communication et de la collecte du Refuge. Selon lui, “ce qui se joue au cinéma, c'est d'abord la question de la visibilité et de la représentation”. Pour de nombreux jeunes LGBTQIA+, pouvoir se reconnaître à l’écran joue un rôle essentiel dans la construction de soi. Les représentations queers dans les films et les séries peuvent les aider à mieux se comprendre, à s’accepter et à réaliser qu’il n’y a aucune honte à être qui l’on est. Cependant, beaucoup estiment que ces représentations restent encore trop rares ou limitées. Ils souhaiteraient voir davantage d’histoires abordant la diversité des identités, notamment la transidentité, afin de rendre ces réalités plus visibles, de favoriser la compréhension du grand public et de permettre aux jeunes concernés de se sentir davantage représentés.
Un festival prônant la fierté de la différence
Pour Caroline Barbarit Heraud, ce projet n’est pas que professionnel. Présidente et organisatrice de l’évènement, “le cinéma a toujours été mon refuge”. Alliant passion à sa maîtrise cinématographique personnelle, elle dit s’être toujours battue. Femme transgenre de 59 ans, elle nous a confié pourquoi il était si important pour elle d’organiser un tel évènement. “ Moi, je suis boomer comme on dit et j’ai eu beaucoup de mal à trouver des exemples, je ne savais pas comment me situer par rapport à ma vie et à ce que je ressentais.”. Souffrant du manque de représentation, elle souhaite permettre aux nouvelles générations d’être représentées et surtout, représentées avec fidélité. Selon l’organisatrice, “Au tout début, on était vu comme les méchants, on était éliminé et on mourait assez vite dans un film tandis que maintenant, on construit vraiment des histoires de vie qui sont totalement entre guillemets, normales. On vit et on évolue comme tout le monde”. Loin d'être défaitiste, elle se réjouit de constater un réel changement depuis quelques années. En effet, en 2024, les prix du public, mais aussi du jury sont tous les deux LBGTQ+. Respectivement, 20.000 espèces d’abeilles et Nuit noire en Anatolie ont séduit les spectateurs. Des victoires très positives pour la communauté LGBTQ+, qui marquent un pas important vers l’inclusion et la représentation authentique dans le monde du cinéma.




Commentaires