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Orientation sexuelle et élections municipales : l’homophobie pèse-t-elle toujours sur le vote ?

Gabriel Attal, en janvier 2024, est devenu le plus jeune Premier ministre de l’histoire de France à assumer publiquement son homosexualité. À l’approche des élections municipales, quid de l’opinion publique des Français sur l’orientation des candidats ?  


Pride Montpellier / Lilly San Juan Paoli
Pride Montpellier / Lilly San Juan Paoli

“Être Français en 2024, c’est pouvoir être Premier ministre tout en étant ouvertement homosexuel”. Par cette phrase prononcée le 30 janvier, Gabriel Attal, fraîchement nommé à Matignon, marque durablement la sphère politique. Une déclaration qui ravive un débat récurrent, résumé par le titre d’un documentaire de Franceinfo, publiée en 2025 : “Homos en politique : le dire ou pas ?”


En 2026, les Français sont appelés aux urnes entre le 15 et le 22 mars pour élire leurs représentants municipaux. Présentés sur le site du gouvernement comme des “figures historiques de l’administration territoriale de la France”, les maires cumulent les fonctions d’agent exécutif de la commune et de représentant de l’État. Pendant six ans, ils incarnent une ville, ses valeurs et ses engagements politiques. À l’image de Michaël Delafosse à Montpellier, nombre d’entre eux occupent une place centrale dans la vie locale. Entre événements publics, déplacements informels ou apparitions officielles, la fonction de maire laisse rarement place à une véritable vie privée. 


20% de Français trouveraient choquante l’homosexualité d’un responsable politique 


Face à une France qui n’a ouvert le mariage à tous qu’en 2013, et à l’approche des élections municipales, se pose la question : les Français sont-ils aujourd’hui prêts à élire des candidats ouvertement LGBTQIA+ ? 


D’après un sondage de l’Ifop datant de 2023, la part de Français qui trouveraient choquante l’homosexualité d’un responsable politique a fortement diminué ces quarante dernières années, passant de 61 % en 1981 à 20 % en 2023. Selon l’étude, l’orientation sexuelle des candidats influence peu le choix électoral. Néanmoins, 34 % des Français avouent se sentir gênés à l’idée de voter pour un candidat ouvertement homosexuel lors d’une élection.


Ces chiffres, à la fois encourageants et nuancés, reflètent le regard particulier que portent les Français sur la visibilité de l’homosexualité en politique. En 2001, Bertrand Delanoë devient le premier maire ouvertement homosexuel élu à Paris. Sa sexualité, révélée dans un reportage M6 avant son élection, n’a donc pas empêché sa victoire, montrant déjà qu’il est possible de concilier orientation sexuelle assumée et succès politique.


Cyril Cibert et Marie Cau : des élus ouvertement LGBTQIA+


Plus récemment, en 2020, Cyril Cibert a été élu maire de Chenevelles. Ouvertement homosexuel, il a créé, en 2022, la première marche des fiertés rurales dans sa commune, en partenariat avec Stop Homophobie. Cet événement illustre que l’homosexualité n’est pas nécessairement un obstacle, que ce soit en ville, comme le montre l’exemple de Bertrand Delanoë, ou en milieu rural, comme pour Cyril Cibert. La même année, Marie Cau devient la première maire transgenre en France. Bien entendu, leur élection ne les met pas à l’abri des actes homophobes et des discriminations encore présentes dans la sphère politique.



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