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Montpellier veut s’émanciper des géants américains du numérique.

il y a 20 heures
2 min de lecture

La Ville et la Métropole de Montpellier ont adopté une stratégie pour réduire leur dépendance aux outils numériques américains. L’objectif : mieux maîtriser leurs données et privilégier des solutions européennes. Une transition qui concerne directement le fonctionnement des services publics.

Montpellier cherche à se détacher des logiciels Microsoft. - L .Gilbert
Montpellier cherche à se détacher des logiciels Microsoft. - L .Gilbert

Word, Excel ou encore Teams font partie du quotidien de nombreuses administrations. Mais derrière ces logiciels se pose une question stratégique : qui contrôle les outils numériques utilisés par les collectivités et les données qu’elles traitent ? Pour réduire cette dépendance, Montpellier Méditerranée Métropole a adopté à l’unanimité, le 13 octobre, une feuille de route en faveur de la souveraineté numérique. La Ville de Montpellier avait également validé cette orientation quelques jours plus tôt. Cette démarche vise à privilégier des solutions souveraines, interopérables et européennes. La Métropole prévoit de remplacer les outils de bureautique de Microsoft par une suite collaborative alternative pour ses agents. L’enjeu est de pouvoir choisir ses fournisseurs, de mieux maîtriser ses infrastructures et de limiter les risques liés à une dépendance envers des entreprises étrangères.


Une dépendance qui soulève des questions

La souveraineté numérique ne se limite pas au choix d’un logiciel. Elle concerne aussi l’hébergement des données, la cybersécurité et la continuité des services publics. En dépendant d’un nombre restreint de fournisseurs, les collectivités peuvent être confrontées à des hausses de tarifs, à des changements de conditions d’utilisation ou à des contraintes techniques difficiles à contourner. Pour Montpellier, l’objectif n’est toutefois pas de fonctionner en totale autarcie. La collectivité souhaite plutôt pouvoir choisir ses dépendances et favoriser des coopérations à l’échelle française et européenne. Cette orientation s’inscrit dans le programme national « Tie Break », qui encourage les collectivités à réduire leur dépendance aux acteurs numériques extra-européens.


Un changement qui prendra du temps

La transition représente un défi technique et organisationnel. Les logiciels doivent rester compatibles avec les outils déjà utilisés, tandis que les agents devront être accompagnés dans leurs nouvelles habitudes de travail. Certaines solutions devront également répondre aux exigences de sécurité et aux besoins spécifiques des services publics. La Ville et la Métropole envisagent par ailleurs la création d’un opérateur public de souveraineté numérique. Celui-ci pourrait mutualiser des moyens et des compétences avec d’autres collectivités et acteurs publics du territoire. Le projet reste à construire. Avec cette stratégie, Montpellier entend ainsi gagner en autonomie numérique. Reste à mesurer la capacité de la collectivité à mettre en œuvre cette ambition sans perturber le fonctionnement quotidien de ses services.

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