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Agressions sexuelles dans des écoles de Montpellier : des parents dénoncent un manque d’information et de soutien

À Montpellier, la mise en examen d’un animateur intervenant dans plusieurs écoles et centres de loisirs a provoqué une onde de choc. Des familles, réunies en association, dénoncent un manque d’information, un accompagnement insuffisant et des dysfonctionnements dans le suivi des signalements. Elles demandent désormais des explications claires à la mairie.


WiX / Devanture d'une école


Une affaire qui secoue les familles montpelliéraines


L’affaire concerne un ancien animateur de 33 ans ayant travaillé pendant plusieurs années dans des établissements scolaires et centres de loisirs de la ville. Mis en examen en mars pour des faits de viol et d’agressions sexuelles sur mineures de moins de dix ans, il a été incarcéré avant d’être remis en liberté début avril par la cour d’appel de Montpellier.


Il conteste les faits, tout en reconnaissant certains gestes selon des éléments judiciaires.

Les premiers signalements remontent à 2024. Plusieurs familles disent avoir alerté après des propos ou comportements jugés inquiétants chez des enfants fréquentant notamment l’école Charles Dickens et le centre de loisirs Astérix. Une enquête a été ouverte et l’agent a ensuite été suspendu puis écarté de tout contact avec des mineurs en 2025.


Mais pour les parents, le choc ne vient pas seulement des faits présumés. Il tient aussi à la gestion de l’affaire. Réunis au sein de l’association “Une école, un avenir”, ils dénoncent une absence de communication collective au moment des premiers signaux. Lors d’une conférence de presse, Florian Libéral résume leur incompréhension : “On se demande où on serait aujourd’hui si ce n’était pas sorti dans la presse.”


Des parents en quête de réponses et de transparence


Les familles affirment avoir dû composer seules avec des signaux parfois difficiles à interpréter. Troubles du sommeil, comportements inhabituels ou paroles d’enfants ont été relevés, mais sans mise en lien claire à l’époque, selon plusieurs témoignages. “Les parents se retrouvent seuls face à des paroles d’enfants”, explique Murielle Kosman, porte-parole de l’association.


L’association demande aujourd’hui des explications précises à la municipalité, notamment sur la chronologie des faits, les contrôles d’honorabilité des agents, et les procédures de signalement en vigueur dans les structures éducatives. Elle souhaite également connaître les éventuels autres lieux d’intervention de l’animateur et obtenir des chiffres sur les évictions d’agents pour faits similaires.


Au-delà du dossier judiciaire, les parents pointent un manque de dispositifs d’écoute et de soutien. Certains disent avoir été orientés vers la brigade des mineurs sans accompagnement collectif structuré. Dans les centres de loisirs concernés, l’inquiétude reste vive, tandis que les enfants évoquent encore la figure de l’animateur mis en cause.


Une gestion municipale questionnée


Depuis la révélation de l’affaire, la communication de la Ville de Montpellier reste limitée. Une brève prise de parole a eu lieu lors du conseil municipal du 14 avril, mais aucune réponse détaillée n’a été apportée aux familles à ce stade. La municipalité envisagerait de se constituer partie civile.


Les parents, de leur côté, n’excluent pas d’engager des démarches similaires afin d’obtenir des réponses précises. Ils soulignent aussi des difficultés structurelles plus larges dans les services périscolaires : manque de personnel, turn-over important et équipes parfois fragilisées, autant de facteurs qui, selon eux, compliquent la détection et le suivi des situations sensibles.


Dans ce contexte, les familles demandent désormais un renforcement des protocoles, une meilleure transparence et un accompagnement systématique des parents en cas de signalement. Une exigence de clarté qui dépasse le seul cadre judiciaire et interroge plus largement le fonctionnement des structures éducatives municipales.




Ethan Davila Levy

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